Une bactérie «magique» redonne sa splendeur à la Chapelle des Medici de Michel-Ange




Jusqu'à lors tous les efforts pour nettoyer les célèbres sculptures de la chapelle des Médicis au cœur de la Basilique San Lorenzo étaient restés vains.


C'est ainsi que dans le plus grand des secrets et depuis plusieurs mois, une équipe composée de scientifiques, de conservateurs et d'historiens ont eu recours à un micro-organisme appelé SH7 pour effacer les taches sur les sculptures du Maître Michelangelo.




La technique utilisée est révolutionnaire puisqu'elle a consisté à laisser une bactérie, du nom savant de Serratia Ficaria SH7, absorber les polluants fixés sur les statues, les tombes et la façade des 3 chapelles de la famille Medici dont la Nouvelle Sacristie Sagrestia Nuova datant de 1521 et qui contient les tombeaux sculptés par Michel-Ange du duc d'Urbino et père de Caterina de'Medici Laurent II de Médicis (1492 à Florence – mort le 4 mai 1519) et du duc de Nemours Julien de Médicis Giuliano de'Medici (1478 - mort le 17 mars 1516 ).


⚜ Laurent II de'Medici



Le tombeau de Laurent II de'Medici Lorenzo de'Medici, surnommé le Penseur, le représente en général Romain méditatif et perdu dans ses pensées.



Les deux statues à ses pieds sont l’allégorie du crépuscule, un homme s’endormant, et l’aurore, une femme s’éveillant.


⚜ Julien de'Medici




Julien de'Medici Giuliano de'Medici, Duc de Nemours, est lui aussi représenté en général en chef énergique dont c’était la fonction à Rome. A ses pieds se trouvent le jour, personnage masculin inachevé, et la nuit, une femme avec les attributs du sommeil.


Etonnement, Laurent et Julien reposent sous une pierre tombale, ornée de sculptures de Michel-Ange, qui se situe derrière la Vierge. Les deux tombeaux se présentant face à face.



«C'était top secret» a expliqué Daniela Manna, l'une des restauratrices de l'édifice lors d'une interview au New York Times . Le quotidien américain l'interrogeait en effet sur la décision d'utiliser le SH7 pour traiter les quelques zones tachées du tombeau qui restaient récalcitrantes au nettoyage, même après plus de dix ans de restauration.


L'histoire de la présence persistante de ses tâches est à elle seule tout à fait incroyable.

En effet et même si l'utilisation d'une telle bactérie en pleine crise sanitaire a de quoi interpeller, les tâches les plus tenaces de l'édifice seraient elles-mêmes le fait d'Alexandre de Médicis, une sommité de Florence, dont le corps avait été enterré à la hâte en 1537 et sans préparation. Cette inhumation mal préparée aurait favorisé la propagation de tâches, dont il sera fait état dès 1595.


L'équipe d'experts s'est aperçu, après avoir analysé l'état du caveau en surface, que la bactérie SH7 se révélait particulièrement efficace sur les résidus organiques. Puis une spectroscopie a permis de découvrir que le marbre comportait de la calcite, du silicate et des traces organiques.


C'est ainsi qu'Anna Rosa Sprocati une biologiste de l'ENEA de Rome, l'Agence pour les nouvelles technologies, a prélevé et analysé des bactéries issues d'un catalogue d'environ 1000 bactéries, avant d'identifier celle qui réussirait à faire disparaitre les phosphates et protéines néfastes, tout en préservant l'intégrité du marbre.





Après des retards dus à l'épidémie de Covid-19, la chapelle de la Nouvelle Sacristie a donc enfin retrouvé son lustre d'antan.


A noter également que le succès de ce projet de restauration a fait des émules en Italie puisqu'une bactérie isolée d'un site industriel de Naples a été utilisée pour nettoyer un relief en marbre de la basilique Saint-Pierre de Rome, "La Rencontre entre Léon Ier le Grand et Attila" qui avait été souillée par de nombreuses coulures de cire provenant de cierges.


Ainsi le recours à cette bactérie semble avoir un bel avenir, d'autant qu'elle épargne à des restaurateurs d'œuvre d'art des situations parfois acrobatiques et périlleuses.

Ainsi nul besoin de prendre de la hauteur pour y mener un travail qui nécessite minutie et précision, puisqu'il suffit de laisser la bactérie (re)faire son œuvre…