Botticelli Le Printemps



Comment quelques mots pourraient décrire l’enivrante célébration de la beauté qui émane des allegories du Printemps La Primavera et de La Naissance de Vénus La Nascita di Venere


Cela semble difficile à croire mais Le Printemps, l’un des plus célèbres tableaux au monde et que vous pouvez admirer au Musée des Offices de Florence Gli Uffizi, semble avoir été réalisé pour décorer un petit salon adjacent à la chambre du cousin de Lorenzo Il Magnifico.

La Primavera de Botticelli est un mélange d’éléments mythologiques et pétrie de références littéraires, philosophiques et iconographiques.


Comment le lire ?

La scène est située dans le Jardin des Hespérides, le verger où les pommes d'or de l'immortalité sont gardées par des nymphes. Dans ce tableau du Printemps tous les personnages sont alignés sur le même plan.

Sur la droite de la scène figure l’impétueux vent Zéphyr, qui annonce l’arrivée du printemps, représenté au moment où il enlève sa fiancée la nymphe Chloris.

Avec l’étreinte du vent printanier Chloris se transforme en Flore et ensemence le monde de fleurs.

Les arbres et les fleurs que Botticelli, passionné de botanique, a peint avec minutie dans le tapis fleuri aux pieds des personnages, appartiennent à 190 espèces végétales diverses et qui fleurissent dans la campagne aux alentours de Florence, entre les mois de mars et mai.

Au centre, Vénus, drapée d’une toge rouge de la passion se détache du vert foncé d’un buisson avec un geste apaisant et poli. Elle représenterait selon certain le souvenir de Simonetta, l’amante tant aimée de Julien de Médicis et morte un an auparavant.

Ces trois personnages expriment dans l’allégorie du temps la passion représentée par Zéphyr qui prend la chasteté de Chloris, cette dernière se transformant alors en beauté. Il s’agit là d’une façon de représenter le message de Platon qui nous fait savoir que l’harmonie s’extrait d’une épreuve conflictuelle. Le trio des 3 grâces composé de la chasteté au centre, de la beauté à sa droite et de la volupté à sa gauche représente la cour d'Aphrodite.

Au dessus de Vénus son fils Cupidon est prêt à décocher une flèche enflammée tandis qu'Hermès le messager des dieux, situé à l'extrémité gauche, cueille le fruit de l'amour. Il est tourné vers l'avenir, indiquant ainsi que la vie continue.

L’on peut noter que cette fresque rappelle étrangement les calendriers et les zodiaques illustrés de l'époque...